Le Capital au XXIe siècle
est un livre événement, remettant au coeur des débats la question économique. Les polémiques autour de ce livre montrent bien que la question des inégalités et de leurs évolutions est une question obsédante à une époque ou la précarité et le sous-emploi semblent devenir la norme.
Mais sur le fond que vaut ce livre ? Première chose essentielle : la richesse des sources de données sur les évolutions de revenus et de patrimoine sur longue période. On a là des sources de données inédites, offrant de multiples pistes d'analyses. Juste pour ce travail documentaire, ce livre est un apport majeur.
En revanche, au moment de l'interprétation des données tout se gâte. Piketty dans un style très (trop?) simple n'interprète qu'à peine les données et semble s'en servir pour justifier a posteriori sa thèse sur l'explosion des inégalités et leur augmentation inéluctable au profit d'une caste de néo-rentier. Il passe totalement à côté de l'explosion de la valeur des actifs (notamment immobiliers) expliquant l'essentiel du phénomène, ne fait aucune analyse sur les phénomènes de mobilité sociale au niveau du premier décile (point clé pourtant).
Au final, on ressort frustré de sa lecture, avec l'impression que l'ensemble des données n'a été que très partiellement exploité. Dommage.